The Fox Hits The Road !

31 décembre 2008

Il ya toujours un retour (avant un nouveau départ)

Voilà 2 semaines que nous sommes revenus d'argentine, la densité de globules rouges diminue et les souvenirs commencent à décanter..
Guillaume à déjà tout dit sur son blog, à mon tour de lancer pèle-mêle les faits marquants
de cette expé "Puna Argentina 2008" ... liste non exhaustive loin s'en faut.


  • La logistique simplissime de cette expé. 5 mails échangés avec Marcelo pour les billets de bus et c'est parti. Très peu de matériel à acheter, hormis les lyophilisés... mon sac est d'ailleurs encore près à partir... son porteur aussi !
  • La préparation physique sur le parcours des 25 bosses à Fontainebleau tous les dimanches pendant 3 mois, avec le sac plein de bouteilles d'eau. Ce fut plus dur pour les pattes que toutes les balades altiplanesques.
  • L'astuce évidente et diablement efficace du complément alimentaire en Fer (TARDYFERON, le même qu'on prescrit aux femmes enceintes)...merci M. Paperon.
  • Le complexe maladif des argentins face à l'argent : incapables de donner le prix d'un service ou de produire un devis... il faut les violer pour obtenir ce genre d'info.
  • Le maudit "flap-flap" ininterrompu de la tente de Guillaume, chahutée par le vent toute la nuit, qui m'empêche de m'endormir alors que ses occupants ronflent comme des bienheureux.
  • Le petit déjeuner magique chez Marcelo à 5h30 du mat', à l'écouter nous raconter l'envers du décor de la pseudo expé archéologique de 1991 sur l'Incahuasi, lorsqu'il découvrit une statuette Inca en argent.
  • Ma stupeur lorsqu'il m'annonce que le Llullaillaco n'est certainement pas le plus haut site archéologique du monde.
  • Notre excitation à l'entendre égrainer une longue liste de voies et de sommets vierges, certains ne seraient même pas répertoriés...
  • Armando et Oscar, nos hôtes discrets de Las Grutas. Hormis l'entretien de la route, leur unique occupation est le football à la TV... une science qu'ils partageront allègrement avec Patrick.
  • Comment le temps semble s'arrêter lors de ces interminables voyages en avion ou à travers la pampa. Rien n'en subsiste, pas un souvenir, même pas l'impression de longueur.
  • Martin et Diego,qui nous ont accompagnés en 4x4. Insouciants et généreux.
  • L'accueil incroyablement réconfortant de Martin, 1 km avant de retrouver le camp de base du Pissis. A 200m on l'entend scander Pi-ssis Pi-ssis et lorsque je m'approche de lui, moribond essouflé, il se prosterne à mes pied en répétant "Grande, Grande", avant de m'étouffer dans une accolade sincère et fraternelle. Il était certainement plus ému que moi.
  • La tête de Guillaume (faute de voir la mienne) lorsqu'à Buenos Aires on nous annonce qu'il est 12h et pas 10h... alors que nous revenons tranquillement de prendre notre petit dej', persuadés que nous avons laaargement le temps de prendre un taxi vers l'aéroport à une heure de là, d'où notre avion décolle à 14h...
  • L'incorrigible gourmandise de Guillaume lorsqu'il s'agit de crème glacée argentine... la même qui s'applique à toute pièce de viande issue de la Pampa, de préférence de plus de 300g. Et je ne parle même pas du vin de Mendoza qui le rend intarissable... ni des argentines elles-même, qui suscitent chez cet homme d'indescriptibles et soudaines pulsions amoureuses.

  • La complicité naturelle entre Patrick et Guillaume. Exactement ce qu'il faut pour passer de longues heures sous la tente, à évoquer sans fin le menu idéal du prochain repas, quitte à ce que l'expé se compose de 2 groupes, ce à quoi je m'attendais et qui ne me déplait pas.
  • La métamorphose de Guillaume sur le Pissis. Il se lâche lorsque l'on approche de la montage, il est galvanisé, motivé comme jamais. Et lorsque le sommet est en vue... il s'envole. Il est le moteur de cette expé, c'est la sienne, du début à la fin ! C'est non seulement un plaisir de voir tous ses doutes s'effacer, c'est également une aubaine pour Patrick et moi puisque dans son élan conquérant, il se sacrifiera systématiquement et sans rechigner à l'ingrate tâche de faire fondre de la neige pour nous tous, alors que le soleil disparait et que la température dégringole à une vitesse vertigineuse. Bravo et milles mercis que je ne t'ai pas exprimés la haut Companero.
  • Le coaching appliqué de Patrick par Guillaume. Patiemment il explique, l'équipe (les crampons, la voie, les Incas etc) et répond à toutes ses questions, même simplistes.
  • Les séances photos "érotiques" de Guillaume au milieu de nulle part. Martin et Diego ne s'en sont toujours pas remis.
  • Le côté "grand adolescent" de Patrick. Facile à vivre, amusant et très consensuel, excellent marcheur et incorrigible gourmand, mais qui se laisse vivre et se contente de suivre le mouvement sans prendre d'initiative. En fait, je regrette qu'en 15 jours il n'ait jamais mis en route le réchaud ou installé un camp... mais est-ce important ?
  • Nos "grands jours" chacun notre tour. Patrick sur le Cerro Beltran : rythme mécanique et soutenu, sans fléchir jusqu'en haut. Guillaume sur le Pissis : grandiose (et dégoutant... 2eme fois qu'il me fait le coup !). Moi: le 3nd jour sur l'Incahuasi... une montée à 5700m en puissance, qui se paye le lendemain...
  • Nos coups de barre, chacun son tour encore: Guillaume sur le Cerro Beltran, 5 gerbis pour 5300m, not bad. Patrick sur le Pissis, une arrivée au Camp 2 à 6350m, complètement en vrac, aphone, le nez qui coule et des cernes jusque par terre... direction la tente et bonne nuit. Moi, sur l'Incahuasi et le Pissis, à chaque fois que nous avons dormi 700m plus haut que la veille, tel le lapin Duracell sans ses piles...reste plus que le moral pour avancer.
  • Ma fringale cataclysmique du jour J. Vide, pas une once d'énergie. Le coeur qui ne dépasse pas les 130 bpm, pas essoufflé, mais rien dans les jambes. Pour avancer, je me fixe des objectifs courts : le prochain rocher à 5m. Le plus long sera la descente, quasiment au déambulateur. Une leçon de ténacité cependant, et un retour d'humilité au passage.
  • Fiambala del valle. Village au bout de la route, oasis posé sur le sable entre des montagnes déchiquetées. Le temps s'organise différement ici. Aucune règle ne semble s'appliquer à la vie de ce bled.
  • Las termas : bain de jouvence à température idéale (35°C à 45°C). Quel bonheur de ne rien y faire. S'asseoir dans l'eau chaude et sans cesse renouvelée, un livre à la main.
  • La Roma : ce resto est en passe de devenir mythique. L'acceuil y est chaleureux, authentique (il y a beaucoup de choses dans ce mot !) et c'est le seul endroit qui mérite l'appellation resto à Fiambala.
  • La coupe de cheveux de l'intarrissable patron de La Roma vaut à elle seule le détour : superbe calvitie, recouverte par une interminable mèche gominée qui s'étire d'Est en Ouest ou du Nord au Sud selon le vent. Veronica : la serveuse ronde et enjouée de la Roma. Son rire nerveux omniprésent et son regard insistant qui dévore inlassablement les 3 gringos fraichement débarqués... Patrick, t'as une touche !
  • Les paysages incroyables de la Puna. Des perspectives qui s'étendent sur des centaines de kilomètres grâce à l'absence d'humidité. Les bleus saturés des lagunes salines sur fond de roches volcaniques ocres.
  • Un ciel vierge de toute trace d'avion... quel luxe !
  • Le crissement de la pierre ponce sous les bottes et le tintement métallique des bloques d'andésite.
  • L'absolue concentration de chaque pas : choisir ses appuis, fermes et stables pour progresser rapidement et ne pas gaspiller son énergie.
  • Ma tente, imperturbable sous les rafales de vent, mais 10 cm trop courte. Je l'ai revendue sur place sans perdre 1$...j'vais peut-être racheter la même (just kidding !)

et mille autres détails qui me reviendront certainement plus tard, et me donneront j'espère envie de repartir... vers le Tres Cruces ?

24 décembre 2008

Altimétrie

18 décembre 2008

Summit Cross

La preuve...
No comment...

Premières Photos

Incahuasi, SanFrancisco et Salar de San Francisco depuis le sommet du Cerro Beltran (5285 m)

Incahuasi et Morrocho depuis le sommet du Cerro Beltran

Salar del Incahuasi - Nuages venant de l'Est

Laguna Azul et sommet du Cerro Tres Quebradas (ou Cerro Pato)

Laguna Verde et ciel... bleu

Laguna Amarga au pied du Pissis

Incahuasi, San Francisco, Cerro Beltran depuis le Falso Morrocho

Vue depuis l'Incahuasi vers las Grutas

Laguna Azul près du Pissis

Volcancitos depuis le col entre Incahuasi et Incahuasi Chico

Laguna Amarga, Laguna Verde et Glacier Nord du Pissis depuis El Balcon

21 novembre 2008

Le logo...enfin !

Je crois en avoir fait 20 versions différentes, dont quelques unes sont encore affichées dans le salon.

Finalement, il a fallu choisir LE logo de l'expé...
le voilà :


Guillaume a fait imprimer une dizaine de T-shirts que nous aurons lundi prochain.

14 novembre 2008

J-15 et entrainement au Mont Blanc

J-15, la pression monte !!

Il nous fallait un dernier test pour nous rassurer.

Durant le week-end du 11 novembre nous avons pris la direction de St-Gervais avec l'intention de monter le plus haut possible sur le Mont-Blanc.



Patrick n'était pas de la partie, mais nous avons emmené Marie-Christine qui voulait se rafraichir les idées avant de repartir vers Kourou.. je crois qu'elle n'a pas été déçue... sensations fortes et beaux panoramas étaient au rendez-vous

Le temps était également de la partie et nous avons pu monter jusqu'au refuge de Tête Rousse (3180m).
Pas un pelé sur la montagne, pas mal de neige à partir de 2000m.



Bilan :
  • Re-étalonnage de nos besoins alimentaires en altitude (3 fois rien)
  • Re-apprentissage du montage des tentes et de la cohabitation sous toile (ça me manquait d'entendre Guille ronfler !!)
  • Test final du matériel (on en prend toujours trop !) et découverte que mon sac à dos est vraiment à bout de course ... son successeur est déjà commandé (North Face Prophet 65).

Nous voila fin prêts.

Reste à valider quelques points avec Marcelo en Argentine et trouver un sac de couchage convenable pour Patrick.

05 novembre 2008

Et de Trois...

SUPERB ! Nous partirons à 3 dans les Andes !

Patrick se joint à nous pour notre plus grand plaisir.

Nous avons fait ensemble le Mont Blanc en juin 2007 et une mémorable traversée du Vercors au printemps 2008.
L'expédition "Incahuasi - Pillanhuasi" sera l'occasion pour lui de se frotter enfin à la haute altitude, après quelques treks du côté des Annapurnas.
Et pour tous, la certitude d'avoir un comapagnon de route fiable, costaud et surtout... facile à vivre et sacrément marrant !

Welcome on board Pat !

PS : Pillanhuasi est le nom Quechua du Pissis.
Nous n'avons pas encore fixé notre choix concernant le logo de l'expé... Faites nous part de vos préférences.

07 octobre 2008

And so you're back, from outer-space...

... with that sad look upon your face...

Et voilà, les 2 compadres de l'altiplano reprennent du service.

C'est pas qu'on se soit ennuyé ces 2 derniè
res années (Pik Lenin en été 2007 au Kirghizstan, Pico de Orizaba and Co. en décembre 2007 au Mexique), mais il fallait une piqure de rappel après nos aventures 2005-2006 dans la Puna.

Guillaume et sa mule fidèle (ça c'est moi... rien à voir avec mon caractère affable légendaire !) reprennent donc du service, pour un trip court mais intense dans le Nord-Ouest Argentin.

Oblectif : Acclimatation éclair entre 4000 et 6000m sur la frontière argentino-chilienne et bavante sur le Pissis (6795m) ou l'Ojos del Salado (6893m) selon les opportunités.


Décollage le 27 novembre - retour le 15 décembre.... keep in touch

Plus d'infos sur le site de Guillaume .

.... I will surviiiiive (pour ceux qui n'avaient pas reconnus les paroles de la chanson de Gloria Gaynor)

12 mai 2008

"When you've opened these doors
They can never reclose
When you've walked down that road
You know where it goes
You've been with the best
Nothing compares
Consider from this
When you've been where i've been
You can no longer return"


Hope you'll find your way home... Good luck

Un message anonyme laissé sur le blog en juillet 2006, qui résume bien mon état d'esprit 2 ans plus tard.

Around the clock

13 juin 2006

Downloads

Ya du nouveau !!!

Une première version du blog en version papier (format A5 - sans les photos) ainsi que la page de garde. (Cliquez sur les images pour télécharger les fichiers PDF).

Le fichier KMZ pour Google Earth est disponible !
(cliquez sur l'icone Google)

01 juin 2006

NEWS

Saludos a todos.

A venir dans les prochains jours :

- Une version PDF imprimable du blog... et dans l'ordre chronologique
- Un fichier KMZ pour Google earth avec les positions GPS de tous les treks... ça vaut de l'or !
- Une adresse mail pour toute question ou commentaire est activée : fabriceontheroad@gmail.com

Retour à Paris lundi 5 juin...

31 mai 2006

Jour 304 - Toulouse

Vivre, c'est faire de nos rêves des souvenirs.
Sylvain Tesson

Ce blog était censé être un moyen de diffuser de temps en temps des nouvelles des Amériques. Il est allé bien plus loin que je n'aurais pensé.
Petit à petit, il est devenu le véritable journal de bord de ce périple. Il me servira (me sert déjà !) à me souvenir de ces instants vécus intensément mais dont la permanence est terriblement éphémère.

A ceux qui hésitent à se lancer dans l'aventure...

N'hésitez pas, foncez. Le plus dur est de lâcher cette illusion de confort ou de sécurité occidentale, de règler quelques affaires administrative et le reste... c'est que du bonheur (pas que du plaisir, mais un vrai bonheur !). A ceux qui pensent que c'est une perte de temps, voici un proverbe africain simple : "si tu n'étudies pas, voyage !".
La "Grande Traversée des Andes"... est indiscutablement le diplôme dont je suis le plus fier !

Et si ces quelques lignes, à la publication plus ou moins régulière vous ont fait voyager... maintenant à vous de me faire rêver !


Je sais, d'expérience, que courir le monde ne sert qu'à tuer le temps.
On revient aussi insatisfait qu’on est parti.
Il faut faire quelque chose de plus.
Ella Maillart

29 mai 2006

Jour 303 - Barcelona - N 41.42020º E 2.150184º

This is the F***ing END !

Retour dans l'hémisphère nord. Voyage de 12h, nickel avec toute la place nécessaire pour mes cannes en compagnie de Paola une péruvienne sympa qui travaille pour l'ONU.

18h... Barcelona. Frénétique, design, blindée de minettes collées à leur portables et de business man "m'as-tu-vu"... ou réciproquement et vice-versa... quelle claque !
Je me sens agressé de toutes part... un retour à la féroce société de consommation...
Passage en vitesse chez mon pote Sam. J'ai l'impression qu'on s'est quitté la semaine derniére... génial !

J'VEUX DES MONTAGNES... ou un gros Pisco Sour !


En somme, je m'aperçois que les voyages, ça sert surtout à embêter les autres une fois qu'on est revenu !
Sacha Guitry

28 mai 2006

Jour 302 - Lima - S 12.14705º W 77.02369º

Pour ce dernier voyage en bus, je teste le "bus cama". Siéges en cuir, larges et enveloppants, mais décidément encore trop courts !
Arrivée à Lima à 5h30, j'hésite... Musées ou glandouille !
La perspective de me trimballer le sac dans les musées ne m'enchante pas vraiment.

Je patiente à la station de bus jusqu'à 9h puis prends un taxi vers le centre commercial Larcomar, au bord de l'océan Pacifique, dans le quartier chic et cher : Miraflores.

Le café Starbuck vient d'ouvrir, réintégration en douceur dans les habitudes occidentales. Au passage, les deux serveuses acceptent que je dépose mon bardas pendant queques heures dans la cuisine... Gracias chicas !

Je passerais le reste de la journée à me balader au milieu des magnifiques villas " fortifiées" de Miraflores avant de retourner à Larcomar pour y voir le "DaVinci Code"... presque en entier.

16h30. Un taxi m'amène à l'aèroport moderne de Lima, réplique de celui de Barcelone.
Pas de pression, je ne réalise pas que c'est la fin de l'aventure, juste un saut de puce supplémentaire vers une autre destination... une de plus.

27 mai 2006

Jour 301 - Huaraz - S 9.53028º W 77.5299º

Dernier petit dej' succulent au café Fox... le jus de fraise est démoniaque !

Avant mon départ, Paulino, Juan, Yover et Marco insite pour célébrer l'ascencion avec un Pisco sour comme il se doit.

Pour la toute premiére fois, ça me fait drôle de quitter un endroit. Lorsque je vais payer ma note, Juan fait le compte : 12 nuits chez Churup... pas étonnant que je commence à considérer cet endroit acceuillant comme un "chez-moi" et que gens qui y bossent soient devenus jour après jour de véritables amis.

Juste avant de partir en courant pour prendre le bus en direction de Lima, je fait affaire avec Paulino en lui vendant ma tente ainsi que les crampons. Je n'en ai pas tiré le meilleur prix, mais ça me fait plaisir de savoir qui les utilisera !

Ciao amigos y ... hasta la proxima. Reste encore une floppée de sommets dans les parages, et pas de moindres ! Pour moi, la plus belle montagne du monde, c'est... l'Artesonraju !

D'excellentes infos sur Huaraz et le callejon de Huaylash chez AndeanExplorer.

Jour 300 - Pisco - S 9.00958º W 77.63247º

0h45. Ce doit être une des premières fois que je dors 3 heures d'affilée en montagne. Il fait à peine -2/-3ºC et je m'habille en vitesse. Dehors on s'agite et secrètement je fais un pronostique sur le temps que mettrons Pippi Langstrumpf et son gars pour se mettre en route...
Record battu ! 1h15 pour s'habiller et avaler un café ! Je me souviens maintenant pourquoi j'aime la montagne en solo !
2h, nous partons vers le talus glaciaire, qu'il faudra descendre sur l'autre versant puis traverser une infâme moraine avant de remonter au milieu des blocs de roche instables vers le glacier.
4h15, nous chaussons les crampons. Je me dis que si nous avons mis 2 heures pour arriver jusqu'ici, le sommet ne sera pas atteint avant 8h... j'aime pas ça !
Qu'importe, fallait être en forme lors de la première visite sur le Pisco... Na !
Surprise, c'est Ralf qui en bave ce matin alors que c'est Kriss qui s'inquiétait hier...je souris en pensant à cette devise "Altitude is the great equalizer !".
Toute les minutes il faut faire une pause ... décidément ça va être long.
Le premier pont de neige est franchi... plutôt solide !
Nous voila au pied du mur... en guise de mur, c'est une pente de 50º maximum, vraiment pas de quoi paniquer. Je commence à me dire que je devrais prendre le large.
Le soleil se lève, s'enflamme et la pyramide parfaite de l'Artesonraju fait son apparition.
Enfin la difficulté tant attendue. Marco me disait qu'il me faudrait une bonne technique pour la franchir seul... rien de plus qu'une grosse marche de 2m de haut tout au plus... je suis vert. 2 heures que je me traine et me pêle encordé à cause de ça !
Je m'approche de Marco qui daigne me signer mon ticket de sortie... enfin on va pouvoir enclancher la seconde.
Derrière nous, un groupe d'italiens de l'expédition K2-2004 arrivent à fond... pas question de laisser passer.
Reste 400m à grimper sur une pente prononcée dans un vent fort chargé de cristaux de glace qui me fouette le visage... ahhhh! ça réveille !
7h, le sommet est à quelques pas dans un ciel bleu immaculé. Les italiens sont toujours bien dérrière, j'aurais le privilège de bénéficier seul de cette vue magique pendant quelques minutes!

Quelle vue grandiose ! L'Artesonraju plein cadre, l'Alpamayo en arrière plan, le Huandoy et ses trois sommets étalés sur 70º, les deux sommets du Huascaran et l'arrête éffilée du Chopicalqui... c'est carrément "schwing" !

Les italiens atteignent le sommet quelques minutes plus tard pour l'incontournable scéance photo.

Marco traine ses clients, les pauses se multiplient et à 50m du sommet Ralf veut faire demi tour... finalement ils arriveront au sommet vers 8h30, raides morts mais contents tout de même.

Le retour sera une formalité jusqu'à la moraine. Sous le cagnard la traversée de ce champ de caillase et de poussière est un calvaire qu'il faut prendre en patience, prudemment.
11h, de retour au camp, Yover me reçoit avec un café chaud et réconfortant.
Avant de retourner vers Cebollapampa, il faudra tout de même convaincre nos 2 acolytes germaniques de souffrir pendant 1 heure supplémentaire.
Alors que le soleil disparait derrière les sommets de la Cordillera Negra, je jette un dernier coup d'oeil vers les 3 sommets du Huandoy... quelles images, quelle journée, un final éclatant pour ce périple de 10 mois... et quelques idées pour un éventuel retour !



I am being driven forward into an unknown land.
The pass grows steeper, the air colder and sharper.
A wind from my unknown goal stirs the strings of expectation.
Still the question – shall I ever get there?
there where life resounds.

A clear pure note in the silence.






25 mai 2006

Jour 299 - Base camp Pisco - S 9.03110º W 77.63012º

6h. Départ matinal vers Yungay, une route que je commence à connaitre par coeur.
8h30. Je retrouve Marco, Yover (le cuistot) et les 2 clients allemands (Kriss und Ralf).
Les teutons sont chargés comme des mules et n'ont pas saisis qu'ils devrainet porter leur matériel jusqu'au camp de base... à se demander si ils sont vraiment allemands.
Je propose à Marco de leur donner un coup de main et finalement je me retrouve avec près de 25kg à monter (mon matos + leur tente, leurs matelas, 2 paires de bottes de montagnes et piolets).
1h45 plus tard et 1.100m plus haut, j'installe camp. Voila qui me rassure sur l'efficacité de ma convalescence.
Le reste de la troupe arrive une heure plus tard et Marco nous donne quelques rudiments techniques pour demain.
Selon lui, il y a une portion assez compliquée à franchir ainsi que 2 ponts de neige et un "mur" de 50m à 65º.
Il insiste pour que je m'encorde avec eux... délicat de refuser dans savoir si c'est vraiment aussi dangeureux qu'il le dit.
Ce qui a de bien quand on sympatise avec le cuistot, c'est qu'on est toujours invité... j'avais pris de quoi tenir 2 jours mais même pas la peine de sortir le réchaud.

Le ciel était couvert toute la journée et les nuages défilent au dessus des sommets. Pour profiter de la vue au sommet nous avons intérêt à partir tôt. Marco met le réveil à 0h45.
Une des toutes meilleures nuits en altitude et certainement la dernière dans cette mini-tente qui m'a rendu de fiers services.

24 mai 2006

Jour 298 - Huaraz - S 9.53028º W 77.5299º


Journée d'organisation... ça faisait longtemps !
Tout est près pour le départ aux aurores demain... la dernière ascencion du trip !

Jour 297 - Pastoruri - S 9.91403° W 77.17775°

En guise de préparation pour le Pisco, cap vers Pastoruri, le glacier le plus facilement accèssible depuis Huaraz.
Nous sommes un groupe de 8, américains, anglais, australiens et suédois... super bonne ambiance.
Pour la plupart d'entre nous, c'est un premier contact avec l'escalade sur glace.

A 5100m, l'expérience vaut le détour ! Je comprend qu'on puisse être accro à cette discipline, mais que c'est que c'est dur !

Tout est question de répartition du poids, et en tant que débutant, on est crispé du début à la fin peu confiant dans l'accroche des crampos.

10 minutes agrippé à la glace, les bras fatigues et je suis incapable de planter le piolet correctement...

Au bout le 4ème parois, je commence à intégrer quelques rudiments et les choses sont plus faciles.

Quoi qu'il en soit, ce soir, les bras en compote, ce sera une soupe avec une paille por favor !

Jour 296 - Huaraz - S 9.53028º W 77.5299º

Bonne surprise ! Je retrouve Cary, l'américain de Cuzco. Il vient de terminer 5 jours de trek également.

Cette maudite créve ne veut décidément pas me lâcher... j'enrage.
Nous passons la journée à discuter au "Café Andino", un lieu acceuillant, fait sur mesure pour les grimpeurs, avec une imposante bibliothéque et des centaines de revues de montagnes... sans oublier l'excellent café " French press".

19 mai 2006

Jour 295 - Chavín de Huantar - S 9.58854º W 77.17792º

Ça fait bien la cinquiène fois que je retourne à la pharmacie... j'ai tout testé et rien n'y fait.

Comme j'ai du temps à perdre, je me décide à visiter Chavín de Huantar.
La civilisation Chavin (1.200 à 200 avant JC) est considérée comme une des plus influentes d'amérique du sud, ayant très tôt imposé le culte du Puma, du Condor et du Serpent.

Drôle de voyage. Seul gringo à bord du bus, je me retrouve avec une floppée de bidochons péruviens en famille.
Il faut 3 heures de route pour atteindre Chavin. Puis 1 heure de halte forcée au restau et enfin 2 heures de visite au pas de course avant de remettre les voiles vers Huaraz... classique!

Le site en lui même est plutôt à l'abandon, mais les choses devraient changer rapidement avec la construction d'un musée moderne et la reprise de fouille sous la direction d'équipes japonaises.

Excellent lien sur la civilisation Chavín : ici.

18 mai 2006

Jour 294 - Huaraz - S 9.53028º W 77.5299º

Pas grand chose à dire sur cette journée.
Une éternité pour mettre le blog à jour mais un grand plaisir à me souvenir de ces moments sur le trek de l'Alpamayo.
La toux semble se calmer mais il faudra que je me fasse violence pour rester tranquille demain.
Au passage, un bon article concernant la Bolivie : Ici.
J'aime bien la conclusion de ce journaliste américain :

- Qui " souffrira " si les multinationales ne peuvent plus escroquer les Latino-Américains ?
- Les membres de la clique de Bush. Ca vous embête vraiment ? ?
- Le un pourcent d’Américains qui possèdent 33% des richesses... rien à battre !
- Les cadres et les gros actionnaires des grandes entreprises... tu parles d’un malheur !

[...]
Alors, la prochaine fois que vous entendrez Fox ou CNN décrire Morales et Chávez comme des ennemis des États-Unis, dites-vous qu’apporter son soutien aux " méchants " peut être une bonne chose.

A bon entendeur... buenas noches !

Jour 293 - Cebollapampa - S 9.044465° W 77.607921º

Enfer et combustion !
Pas pu fermer l'oeil de la nuit, pas une seconde. Cette maudite toux m'a flinguée et lorsqu'il faut se lever à 1h du mat' je suis déja épuisé.
Qu'importe, faut essayer, peut-être qu'en marchant ça ira mieux et puis avoir payé 150€ pour venir jusqu'ici et attendre dans la tente... ça me frais plus que râler !
Pablo nous à préparé un ptit déj' 3 étoiles, avec du pain chaud et de la confiture, nous rempli les gourdes d'eau chaude, il nous a même préparé un petit kit "orange, gateaux" pour l'ascencion... c'est plus de la montagne là ! c'est le club med !

Au bout d'une demie-heure, nous atteingnons le sommet du talus glaciaire. J'ai du m'arrêter à 2 reprises, stoppé net par une quinte de toux . Marco palnte son piolet et me regarde droit dans les yeux : "Fabricio, à partir d'ici, si un de vous deux craque, les 2 rentrent au camp de base... tu continues ?"

Ça fait 20 minutes que j'y pense à cette maudite question ! Biensur que j'ai envie de continuer, mais objectivement, il y a bien 50% de chances que je ne le fasse pas dans des délais raisonnables et si j'atteinds le sommets, ce sera dans un état pitoyable. Indépendemment de ça, ce ne serait vraiement pas fair-play d'hypothéquer les chances de réussite de Jim, en pleine forme... sa première ascencion en plus !
Un dernier regard vers la silhouette du Pisco qui se détache sous la lumière de la lune... "Allez-y les gars, vous allez faire un temps canon, je rentre au camp !"...
Poignée de main reconnaissante de la part de Jim, demi-tour et doucement je redescends, certain d'avoir fait le bon choix mais franchement abattu. Premier revers en 10 mois, sans même avoir l'opportunité de dégainer les crampons. Mierda !

2h30. Pablo s'attendais vraisemblament à me revoir rapidement. Je lui dis que tout est OK et part me coucher en toussant comme un phoque.
7h Pablito fait chauffer de l'eau et me propose un thé réconfortant. Rien d'autre à faire que d'attendre discuter sans conviction et ressacer cet échec.
10h30, les voila ! Je m'attendais à les voir plus tôt, mais ils ont culminés vers 7h ce matin. Excellent. Jim est aux anges et meurt de faim !

L'ascencion du Pisco se fait normalement en 3 jours, nous avons cependant la possibilité de rentrer vers Huaraz si nous arrivons à Cebollapampa avant 15h, histoire de trouver un transport vers Yungay.
Nous remballons le matos et sommes de retour dans la vallée au bout d'une heure.
Le retour vers Huaraz se fait sans encombre.

Hostel Churup... tout le monde se marre lorsque j'annonce que j'ai même pas touché la neige "Bonne blague Mauricio ! (Fabricio ça passe pas à tout les coups!)".
Paulino qui a organisé le trip est consterné et me propose de m'inscrire gratis pour un prochain départ... sympa, mais en attendant je vais me trouver une pharmacie.

De toute façon ça fait longtemps que c'est décidé... je me retape et le Pisco, j'vais m'le faire avec la bonne vieille méthode.... à donf et en solo ! Adrénaline comprise !

Jour 292 - Base camp Pisco - S 9.03110º W 77.63012º

En route vers le Pisco. Nous sommes 4 cette fois-ci :
- Marco, le jeune guide de montagne, discret mais professionnel,
- Pablo, porteur cuisinier, capable de nous répare un bon repas avec 3 fois rien,
- Jim, un jeune américain en pleine forme qui va faire sa première ascencion,
- Fabricio... ça c'est moi, avec une bonne crève, mais motivé par cette petite montagne au beau milieu des plus beaux sommets de la cordillière blanche.

Une fois de plus le minibus nous dépose à Yungay puis nous poursuivons jusqu'à Cebollapampa, point de départ du chemin qui mène au camp de base du Pisco (5740m) au bout de 2h30 de marche lente.

Quelle débauche de moyens : tente spacieuse, bouffe à volonté, fruits et légumes, et même de la truite pour le diner ! Faudrait pas que je m'habitue à ce confort.

Ça c'est pour les côtés positifs. Alors que le soleil se cache derrière le Huandoy, je suis littéralement secoué par une série de quintes de toux épuisantes. Pour pimenter la chose, au niveau gastrique c'est pas la joie non plus... j'le sens mal le Pisco, j'le sens mal.

14 mai 2006

Jour 291 - Huaraz - S 9.53028º W 77.5299º

Une journée classique : lessive complète et récurage de l'animal.

Achat du billet retour également... faut bien y penser !

Paulino m'annonce qu'il a trouver un client pour le Pisco, départ demain avec Jim, un jeune américain... excellent.

J'espère simplement que cette maudite crève ne va pas me compliquer les choses.

Jour 290 - Hualcayan - S 08.99793º W 77.80135º

Pendant que le matériel sèche sur 50m2, je prends mon café en regardant les nuages s'élever dans la vallée et le Milluacocha s'illuminer lentement. Ce matin, il reste 200m à gravir por franchir le paso Toro Pishta, puis ce devrait être de la descente non-stop jusqu'à Hualcayan ! Easy !
Il est permis de rêver non ?
La première étape est conforme aux attentes, parsemée de cristaux de glace étrange (taille réelle sur la photo agrandie). Le col est en fait une mini vallée d'altitude, désertique et sympa qui débouche sur une vue bluffante une fois de plus.

Au fil de la descente vers la laguna Collicocha, les sommets du Santa Cruz se dévoilent... impossible de ne pas s'arrêter pour contempler longuement ce spectacle. Je passe une heure à scruter chaque détail de ces parois dans un silence parfait. Rares sont les moments comme celui ci ou, pour quelques instant je me sens en harmonie parfaite (Lui-même, par lui-même, avec lui-même, homogène éternel. - Platon - Le banquet).

Plus bas la lagune s'étale cristalline devant les cimes... no comment !

J'aperçois le chemin qui descend le long du canal. Conseil à ceux qui voudraient tenter l'expérience de suivre le canal... c'est une très mauvaise idée, sauf si vous voulez vraiment vous mettre une petite dose d'adrénaline ... j'explique.

Le rebord étroit du canal (50cm) est gelé sur certaines portions à l'ombre. Ça glisse vachement bien et j'ai eu le choix entre plouf à gauche et flapflap à droite ( 200m de gaz!). Finalement j'ai choisi "serre les fesses et glisse tout droit". Un mètre plus tard je retrouvais de l'adhérence et des jambes flageolantes.

Plus loin dans un recoin serré, il faut ramper sur le muret (sac au dos) à côté du vide puis passer 2 plaques de granite dont l'arrête fait 5 cm de large (cf photo) : le sac frotte la paroi et les pieds sont 200m au dessus de la petite lagune... pas fier le tondu!

Il est donc préférable de suivre gentiment le chemin qui monte sur 25m.
Une fois cette petite émotion distillée, plus rien ne me retient.... let's go down Baby !

Persuadé d'en avoir pour 1h30, je commence à m'impatienter au bout de 2 heures.
Le village de Hualcayan est en vue depuis un bout de temps mais ne semble pas de rapprocher. En fait, le sentier s'étale sur des kilomètres en pente douce, de façon à ce que les trekkeurs peu acclimatés ne souffrent pas trop. J'ai beau rendre tous les raccourcis casse cou possible je n'atteindrais le village qu'à 13h, mentalement épuisé !
Coup de bol, je trouve un taxi. Samedi après midi les campesinos descendent à Caraz toucher leur paye hebdomadaire, il me faut donc attendre 15h avant que l'on ai fait le plein de passagers. 2 heures à discuter avec Enrique de la vie au village, de cette gringa qui parle Quechua et qui revient chaque année (Doris Walter, rencontrée à Paris chez Allibert), de son fils qu'il a baptisé "Bill Clinton" et plein d'autres choses sous un cagnard brûlant.

18h. Back to l'hôtel Churup. Paulino incrédule se retourne spontanément vers le calendrier en me voyant. Hé oui mon pote ! 4 jours de marche et 2 demies journée de transport pour ce trek généralement vendu pour 7 à 9 jours.

Une balade unique qui se termine. J'en ai pris plein les yeux, plein le dos, plein les pattes et laissé quelques kg sur les cols. Par curiosité je passe à la pharmacie. Verdict 76kg ! Ay pucha ! Ça en fait 22 de moins qu'au mois de juillet dernier.
Bon je reconnais, le régime est carrément extême et la fonte musculaire est notable, mais... les copains, ça va dépoter grave en vélo !

Bonus : ma carte maison et les coordonnées GPS, seuls repères pour cette mini-aventure.

Jour 289 - Paso Osoruri - S 8.843252º W 77.746516º

La vallée est blanche de givre mais je bénificie du soleil très tôt. Après cette bonnee nuit, j'enfile le col Moyobamba (4500) et les 7km de la vallée du même nom en mons de 2 heures avant que les choses sérieuses ne commencent : le Paso Cara Cara et ses 4850m. Pour avancer vite, j'ai l'habitude de fractionner le parcours et de fixer des objectifs à cours terme du style "chiche que tu passes le col avant 11h". 10h58. Les jambes en feu , tête baissée et poumons à l'agonie, me voila au col !

Alors que je me relève pour rependre mes esprits, c'est la claque ! Une vue à couper le souffle (comme si j'en avais besoin !), un panorama d'anthologie derrière une descente vertigineuse : Alpamayo, Quitaraju, Pumapampa et Santa Cruz ! Mortel !
Assis, je contemple le spectacle. J'en crois pas mes yeux, à cette altitude, un colibri s'arrête pa 50cm de mon visage et prends tout son temps pour inspecter le drôle d'animal qu'il vient de croiser. Je ne sais pas lequel des 2 est le plus surpris !

C'est parti pour une descente de folie. Toute fatigue ayant disparu, je descends en courant vers les petites lagunes, m'arrêtant toute les minutes pour prendre une photo qui ne fera certainement pas justice à la majesté des lieux.
Au bout de la descente, la Quebrada de los Cedros tourne vers l'Est, laissant derrière elle la pyramide de l'Alpamayo. Damned c'est vrai qu'il est bgeau ce sommet, qualifé de "plus belle montagne du monde" en 1966.
Les 700m de la voie Ferrari me tentent plus qu'il ne m'intimident, mais il est encore trop tôt dans la saison pour affuter les piolets.
Pause casse-croûte au pied des géants et je repars, sans le savoir, vers un long calvaire.

La quebrada s'étale sur 10 km en direction du cllejon de Huaylash, mais le chemin du trek remonte vers le sud au bout de 8km. 700m à grimper ne seraient pas un problème si le chemin n'était pas si étiré.
A coup de zig et de zag les kilomètres défilent. Pas moyen de poser la tente, la pente est trop prononcée et pas de source sur ce flanc de montagne. Une seule solution : "tais-toi et marche jusqu'au col ! ". 16h. Après avoir franchi plusieurs arrêtes et déçu autant de faux espoirs, les cairns du col Toro Pishta sont en vue et une source me permet de faire le plein pour la soirée.
17h.

C'est le dos et le frottement de la ceinture du sac qui m'en font baver. Le soleil ne va pas tarder à se planquer. Damned ou vais-planter la tente ? Pas seul mètre carré plat et de la caillasse de partout. Finalement je m'installe en plein milieu du chemin... l'avantage d'avoir une mini-tente !

Comme pour Choquequirao, je suis parti avec le minimum de bouffe, mais ce soir c'est une petite dédicace à Maître Guillaume avec ce rissoto riquissimo rescapé des aventures chiliennes... un régal bienvenu !

18h30, extinction des feux. Caramba ! Ça s'appel une journée bien remplie ça !

Jour 288 - Huillca - S 8.81481º W 77.62811º

Arghhh ! Je vais les arracher ces maudites "toiles à pourrir". J'avais ajouté ces "jupes" qui bordent la tente en prevision de nuits ventées sur la neige, mais ici elle ne font que limiter la ventilation et la condensation est suffisante pour tremper le sac de couchage.
6h30. Un des gamins est de retour et me regarde, apathique, impassible, pendant que je remballe le matos et prend mon "mini" déj'. Il se décide à ovrir la bouche lorsque j'endile le sac : " me regalas chocolate ? "... le chocolate il est au fond du sac depuis 20 minutes Nestor !
Ça commence par un détour de 10 minutes vers le fond de la vallée, ou se situe l'unique pont.... sommaire.
Quelques ruisseaux à enjamber au milieu des chevaux. Le soleil illumine maintenant la vallée alors que je commence la montée au bord de la cascade vers le col à 4850m.
1300m à avaler ce matin et ça commence raide dans une végétation dense. Au bout d'une demie-heure une splendide prairie se découvre, bordée d'imposantes falaises. C'es sympa les prairies avec quelques chevaux et un belle cascade, mais le chemin y disparait irrémédiablement au milieu des petis ruisseaux et autres traces des animaux.
Je perdrais plus d'une heure à crapahuter.
Vers la droite de la vallée, dans la continuité du pont que je viens de franchir... nada !
Tout droit, à côté de la cascade. Tant qu'à faire ! Un peu d'escalade vers le point le plus haut et certainement un lagune de l'autre côté. Certainement pas le plus reposant mais interssant. Avant d'aller faire le fada, je tente un exploration vers la gauche du vallon, chemin a mon avis le plus logique car la pente y est plus douce. Alors que je bataille depuis 20 minutes et commence à prendre de la hauteur, je me retourne et... ça y est je le tiens ! Maudit chemin ! A l'opposé de ma position, les herbes imperceptiblement jaunies le trahissent. Retour vers la rivière, en route vers le second plateau.
8h30. J'ai l'impression de me traîner. Le soleil commence à me chauffer les neurones et mine de rien, on est à plus de 4000m. Au détour d'un petit lac, la suite du programme se dévoile et immédiatement une pause... s'impose.
Un talus glaciaire de 500m au bout duquel j'entrevois le col... cette matinée va être longue, trés longue ! Le temps de me faire un sandwich, la tente séche sous l'oeil hagard des vaches curieuses. 10h. C'est parti et le col est franchi à bon rythme juste avant 11h. A 4830m, encaissé entre 2 parois verticales, il ne fait que 25m de large et la pente de chaque côté de l'arrête est plutôt impressionnante.

Huillca, au bout de cette nouvelle vallée. Un hameau de quelques maisons, des alpacas et un morceau de route qui vient de nulle part, intégralement recouverte d'herbe rase.
Arrivé au plus bas de la vallé, je profite des eaux claires d'un rivière qui descend du glacier pour faire un brin de toilette et... oublier mes lunettes en repartant ! C'est promis mon prochain investissement est un cerveau digne de ce nom avec augmentation de la mémoire !

Je me rends compte de cette connerie alors que je monte le camp, passablement crevé par cette journée.
A mi-pente, sur une improbable surface plate, je pose la tente face à un panorama grandiose : le même Pucajirca que je quittais ce matin, mais c'est la face Est que je contemple maintenant. Sur la droite, le Jancarurish et l'Alpamayo.
Le soleil se cache, la température chute rapidement et réfugié dans mon abri minuscule, je me régale de l'imperceptible transition de couleurs sur les sommets et de quesques pâtes... Comme dirait le compère Baloo : " il en faut peu pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux... "

Jour 287 - Pishgopampa - S 8.85523º W 77.54767º

Descente dans la vallée, avec ma petite carte artisanale et les coordonnées GPS approximatives mais suffisantes pour m'orienter.
Situation rencontrée souvenet depuis le Guatemala, les vaches créent une multitude de chemins et il est facile de se perdre. Qu'importe, je tire tout droit au dessus de la montagne au lieu de la contourner... ça valait la peine de prendre des références hein ?
Pour le coup, une fois arrivé au sommet et convaincu d'avoir économisé quelques heures de marche, me voila face à la descente... raide ! reste donc à descendre lentement... économie = 0 .

Rien de surprenant, maintenant, il faut grimper à nouveau vers le col Tupatupa. Arrivé là haut, dilemme !
3 chemins s'offrent à moi.
Celui de droite descend droit vers la vallée, celui du centre disparait au bout de 200m et celui de gauche semble rester à niveau sur quelques kilomètres.
Si il suit cette direction, il me permettrait de garder de la hauteur et de plonger directement vers le bout de la vallée de Pishgopampa au lieu de remonter la rivière pendant des kilomètres. Banzaï !

Bonne pioche. Au bout d'une heure je tombe nez à nez avec une bergère, effrayée de voir un grand gringo se diriger vers elle. Bien qu'elle ne parle que quechua, je comprends que je vais dans la bonne direction.

15h. Je surplombe cette magnifique vallée qui ressemble au cirque de Gavarnie, à cette diférence près que le sommet du Pucajirca, dominant la falaise, culmine à plus de 6000m.

Alors que je monte la tente, 2 gamins m'observe silencieusement, comme des fonctionnaires, comme des moules accrochées au rocher (merci Dominique !)... C'est seuleument au moment ou je leur dit qu'il est temps de se mettre au chaud qu'un des 2 se décide àme demander de son air leplus misérable "tienes galletas ?". Ben tiens, justement j'en avais en trop !

Jour 286 - Alto de Pucaraju - S 8.91819º W 77.55336º

Une petite quinzaine de kilos sur le dos et c'est parti!
Je profite d'un groupe de touriste pour ce qui est des transports. Direction Yungay, un village entièrement reconstruit après sa destruction intégrale par un torrent de boue en 1970 ( photos avant , pendant et après). Changementde bus vers Vaqueria.

La route est bien plus longue que prévu, quasiment 4 heures et un col à 4500m pour rejoindre ce minuscule village, mais quel spectacle : vue grandiose sur les laguna Langanuco. A droite, Huandoy, Pisco et Chacraraju. A gauche, les 2 sommets du Huascaran à plus de 6600m et la pyramide parfaite du Chopicalqui... Enorme!

11h, le groupe se met en route et je file à l'anglaise,non sans avoir obtenu quelques conseil du guide qui me pronostique 7 jours de rando. Ça tombe bien j'ai 6 jours de bouffe avec moi !
14h. Paria. C'est ici que les treks organisés plantent la tente le premier jour. Je continue vers le col du Pucaraju (4625m).
La montée n'est pas très raide et vers 17h je campe au milieu du chemin, sous la silhouette menaçante du Taulliraju.
Puis c'est le feu d'artifice du coucher de soleil... je fais des bonds... Aouuuu ! Schwing !
Pleine lune. On y voit comme en plein jour et les glaciers alentours craquent pendant que je deguste ma purée de carottes au lapin ! (le plus dur c'est d'attraper le lapin).

09 mai 2006

Jour 285 - Huaraz - S 9.53028º W 77.5299º

J'ai réussi à semer les mamies ! Corriaces les bestioles
Direction Huaraz et la Cordillière blanche.
Arrivé aux aurores, je tente ma chance à l'hotel Churup. Magnifique surprise, un 3 étoiles au prix d'un hostel : 3€
Avec Paulino nous discutons des possibilités d'escalade et autres treks.

Voici le programme :
- Demain, départ pour 6/7 jours en autonomie autour de l'Alpamayo (+/- 100km)
- Au retour 1 journée de stage d'escalade sur glace
- Puis l'ascencion du Pisco (5750m)
- Et pour terminer, l'ascencion du Tocllaraju (6024m), si j'ai encore la frite.
Puis Lima et back home !
A plus !

07 mai 2006

Jour 284 - Lima - S 12.14705º W 77.02369º

Descendant des alpages, je pensais rendre visite à un lama à Lima.
Une espéce rare, charismatique et nomade, à la fourrure nettement plus clairsemée que les vigognes... le Dalaï Lama!

Le bonze est de passage au Pérou ! J'ai tenté de me procurrer une entrée hier soir, peine perdue bien entendue, sold out depuis lundi. Je tenterais tout de même mes chances sur les lieux de la conférence mais sans succès. Too bad !
Pour ceux que ça interesse, le Dalai lama enfile le bigoudenn à Rennes au mois de juillet...

Au hasard d'une balade dans les rues de Barranco, je tombe sur un "festival de sabores"... une fiesta culinaire ! Oh misère ! depuis le retour de Machupicchu j'ai une fringale d'enfer et cet étalage de plats créoles et autres tartes au chocolat est fichtrement tentant... Banzaïïïïïïïï !
Au passage 3 cuisinières sexagénères me prennent le bras et c'est parti pour deux heures de franche rigolade devant les fourneaux... Caramba, ces mamies connaissent un sacré rayon de blagues grivoises et insitent pour m'embarquer en boîte ce soir ! Au s'cours !
Heureusement j'ai mon billet de bus pour Huaraz et à leur grande déception, il décolle à 22h ! Ouf !

Jour 283 - Nazca - S 14.82842º W 74.94529º

Que noche de mierda ! Une des dernières en principe. 18 heures de zigzag , impossible de fermer l'oeil. C'est décidé, dans une prochaine vie, je naÎtrais nain (grincheux ou prof ?).

La route passe par Nazca puis Ica, me permettant d'observer les lignes depuis le sol. La perspective est minime, à se demander comment ces figures d'une rectitude absolue ont pu être dessinées sans point de fuite.
13h... panne de bus et 2h d'attente sous le soleil... Ouinnnnnn !

17h por fin ! Lima. Je descends au Point, histoire de reprendre les bonnes habitudes acquises à Arequipa.
Au milieu du quartier de Barranco, à 2 pas des rues animées... nickel.

Jour 282 - Cuzco - S 13.51430º W 71.97434º

Je crois qu'elles ont pris peur les filles de la laverie en ouvrant mon sac de fringues sales ! Georges "Wanker" Bush n'aurais certainement pas hésité à qualifier le paquet de "biological and chemical warfare". Damned !
Journée d'organisation et de mise à jour, profitant du PC de l'hostal Mirasol, une des meilleures vues sur Cusco.
18h, je quitte Carry et ses problèmes gastriques (lui EST une arme biochimique !) , peut-être nous reverrons nous dans l'air pur de la Cordillera Blanca.
Le bus qui me conduit vers Lima devrait mettre quelques 18h pour atteindre sa destination et je redoute déja cette longue nuit !

04 mai 2006

Jour 281 - Moray - S 13.32971º W 72.19483º

Je pensais rentrer vers Cuzco tranquillement et voilà que sans le vouloir, cette journée sera des plus productives.
Pendant que Carry fait un tour sur le site d'Ollantaytambo, je vais consulter les mails des quelques excité(e)s qui s'impatientent de ne pas avoir de nouvelles. Cathy, la tenancière de l'hotel sympa ou nous avons passé la nuit nous recommande un itinéraire : Ollantaytambo - Salineras - Maras - Morray - Chinchero - Cuzco.
Partis en minibus, nous trouverons en cours de route un 3ème laron, ce qui nous permet de diviser les côuts d'un taxi et de profiter d'un itinéraire sur mesure, sans attentes.

Les salines de Maras sont un spectacle saissant de dégradés de rouges. Une source jaillit de la montagne après s'être chargée de sel. Depuis plus de 700 ans, les hommes ont organisé ces terrasses ingénieuses qui leur permettent de récolter +/- 500kg de sel par plateforme/mois. Aujourd'hui le sac de 50kg de sel se vend à 4 soles (1.10€ !).

Morray, un ensemble singulier de terrasses agricoles concentriques. Ces cuvettes présentent 3 climats biens distincts selon le niveau, permettant de choisir un étage adapté à chaque culture.

Enfin, avant de mettre le cap sur Cuzco nous repassons par Chinchero, ses paysages magnifiques et sa "chappelle sixtine des Andes", le tout sous un soleil éclatant.

Jour 280 - Machupicchu - S 13.16559º W 72.54506º

Quelle humidité dans ce bled ! 5h et nous voila parti vers Machupicchu. Un chemin coupe la route qui monte en zig-zag vers les ruines. Il nous 45 minutes pour arriver à la porte du site et commencer l'aventure de... l'achat du billet d'entrée !
Une petite dizaine de personnes font la queue et ça n'avance décidément pas !C'est que la caissière n'a pas de monnaie ! Non mais t'y crois à ce truc ! Le site le plus visité d'amérique du sud et à 6h du mat' au bout du 3ème visiteur... ils ont plus de monnaie. J'hallucine ! Au bout de 15 minutes d'attente, finalement Carry et moi avons nos billets ... on en a plus sué que dans la montée !
Le timing est parfait. A peine installés, le soleil apparait au dessus des montagnes et illumine le site encore dans les nuages.
Quelle vue, on a beau l'avoir vue et revue, Machupicchu, ça en met plein la vue!
Je prends mon temps et me perds dans le dédale de pierre, m'arrêtant longuement pour profiter de la sérénité du lieu. Magique. !
8h30, allons voir ce que ça donne du haut du Huayna Picchu (Macchu = vieux, Huayna = jeune, Picchu = montagne). La montée est assez raide et glissante, et pour couronner le tout, le gars qui est devant moi me fait une splendide crise d'épilepsie. Il a eu du bol celui là. Si il avait été seul il aurait dégringolé de 200m ! Au bout de 10 minutes finalement il reprend ses esprits et redescend doucement accompagné par quelques visiteurs sympas. Bon... on va le voir le Huyana ?
Je passerais une heure perché sur ce rocher, entouré d'une myriade de japonais.
Il est 11h lorsque je décide de redescendre vers Aguas Calientes et la queue de touriste fait bien 200m. Les groupes se succèdent autour des différents temples, les guides s'égosient, Machupicchu perd son charme, je redescends avant que ne s'efface la magie de cette matinée.
Dans la continuité des aventures de guichet, cet aprés-midi : le train !
Tout est "full" me dit le contrôleur, "revenez demain à 4h30, le système informatique est en rade!"... z'ont besoin d'un logisticien on dirait !

Pas question de se faire planter dans ce trou une nuit de plus. Après avoir été super sympa avec le contrôleur, j'obtient qu'il nous réserve les éventuelles places restantes et coup de bol, il en reste 5 ! Yessss !
Nous irons jusqu'à Ollantaytambo. Les hollandais poursuivrons vers Cuzco alors que Carry et moi en resterons là pour aujourd'hui et finirons la soirée à nous raconter nos ascencions favorites et à commenter nos dernières lectures... de montagne et d'aventure bien évidemment !

Ci dessous, 3 photos datant de 1925, de Martin Chambi, un des premiers photographes péruviens.

Jour 279 - Aguas Calientes - S 13.15624º W 72.52418º

5 h du mat'... il pleut et la condensation à l'intérieur de la tente à trempé le sac de couchage... une fois de plus.
Les premiers mini-bus à destination de Santa Teresa viennent de se pointer en klaxonnant joyeusement... personne n'a une grenade sous la main ?

6h. Toujours pas envie de sortir. Une habitante du village vient secouer ma tente en me disant que le dernier bus de la journée part dans 10 minutes... j'y crois pas ! Hier on me disait qu'il y avait 3 bus par jour ! Rien de surprenant, de toute façon il faut toujours se débrouiller pour prendre le premier !
Finalement le soit disant dernier bus sera de retour à 10h, ce qui m'aura laissé le temps de sêcher l'intégralité de mes affaires.

Juste avant de quitter La Playa, Carry fait son apparition. Il revient de 4 jours en autonomie autour du Salkantay... je sens qu'on va s'entendre !
Après 30minutes de délire sur une version salsa endiablée de "je descend de la montagne à cheval", le bus nous laisse près de Santa Teresa.

Il nous faut maintenant traverser la rivière dans une petite nacelle suspendue puis prendre un camion qui nous laissera à la centrale hydroélectrique d'Aguas Calientes une demie-heure plus tard.

Pour conclure la journée, il nous faut encore marcher 2 heures le long de la voir férrée autour du massif de Machupicchu avant de retrouver pour la première fois depuis longtemps... un lit et surtout une douche !
Fin d'un trek exceptionnel de 125 km, d'une intensité rare, sur le plan physique certes, mais également par l'émerveillement permanent devant les paysages, les plantes et biensûr l'histoire omniprésente... à recommander sans concessions, mais avec des mûles tout de même pour ceux qui ne sont pas adeptes du "no pain, no fun !"

Drôle d'endroit que ce village d'Aguas Calientes.
Ne vivant que par et pour Machupicchu, il n'est desservi que par le train, on y trouve un mélange hétéroclyte d'hotels 5 étoiles et d'hostales à 2 balles .
Le plus agaçant ? Les tarifs ouvertement différents pour gringos et locaux. Exemple : train pour Cuzco - 52US$ pour les uns et 3US$ pours autres !

Jour 278 - La Playa - S 13.22662º W 72.62798º

6h, le soleil à peine levé, Paulino vient me chercher alors que j'hésite à sortir dans l'humidité du matin. "Bouge toi, ils vont fermer le pont !" J'ai pas tout compris, ne serais-ce qu'il faut se bouger. Pas de café ce matin !
Paulino est parti au pas de charge. Je parviens à le ratrapper après avoir franchi de vertigineux glissements de terrain. Gulps ! Le chemin ne fait que 30cm de large par endroits.
Finalement le pont est toulours là. Des réparations sont prévues ces jours ci et nos 2 accolytes avaient peur d'arriver après son démentèlement.
Ça sent la fin du voyage pour Paulino et Gustavo, ils accélèrent et n'attendent plus leurs clients.
A tous les 3 avec les mûles, nous avalons 25km en 4 heures, sous la pluie et dans la gadoue comme il se doit.
Toujours à l'affût, je parviens tout de même à me goinfrer de fraises des bois (si si!) , de fruits de la passion et de physallis.
13h, nous touchons au but. Les abords du village de "la Playa" sont plantés de caféyers, d'avocatiers, de bananiers ... je sens que je vais me régaler !
N'ayant pas trouvé de fourrage pour leurs bêtes, les 2 arrieros ne prennent qu'une heure de pause pour déjeuner et faire quelques achats avant de repartir. Il leur faudra 2 jours et demi pour rejoindre Cachora par le col du Salkantay.
Pas de pause cette fois ci, 12h de marche non stop du lever au coucher du soleil ! Admirable.
Ça me fait drôle de les voir partir ces 2 là. Ils avaient des clients mais finalement j'ai l'impression qu'on a fait le voyage à 3, même si on ne se retrouvait que le soir pour discuter un bout avant de se coucher. Leur simplicité et leur agilité sur ces chemin forcent le respect. Ciao amigos , bon retour !
Mémorable partie de carte ce soir.
Joppa, le perdant, a droit à un gage : aller dancer dans une guinguette au milieu de ce village de 150 âmes ! Cruel mais hilarant !

Jour 277 - Totora - S 13.33100º W 72.71853º

Le repos d'hier a été sacrément réparateur. Sans me presser, je me mets en route alors que soleil est déjà haut dans le ciel.
Le chemin s'étire doucement vers le bout de la vallée et sans m'en rendre compte me voila en train de cavaler et de discuter avec les chevaux et bourricots (tout va bien !).
Alors que le col approche, une vallée s'ouvre sur ma gauche et dévoile lentement les sommets quasi-himalayens du Sacsarayoc (appelé également Pumasillo, culminant à 6070m).
Impossible d'avancer ! A chaque pas, il faut que je me retourne pour profiter de cette vue ! Le col est en vue et on dirait le l'air frais et plus léger me donne des ailes !
Paso Apacheta 4660m, pas le moindre brin d'herbe. Le Salcantay apparait furtivement entre les nuages, majestueux et rarement vaincu. Mes compagnons de route viennent juste de démarrer la montée alors que je bascule dans la vallée de Totora.
Grande partie de la descente se fera dans les nuages, Lobo me précèdant de quelques mètres.
14h, les premiers hameaux de Totora et la végétation se fait plus dense. Quelques gamins s'approchent et me proposent une partie de foot... banzaï !
15h, toujours pas de hollandais en vue. Qu'importe, José m'a indiqué le campement habituel un peu plus bas dans la vallée. Je m'y installe confortablement à l'écart des maisons, sous l'oeil intrigé des canards qui sortent de leur mare en file indienne (Inca ?).
Finalement j'aperçois Gustavo en train de ferrer une des mûles, le moment de lui donner un coup de main et de prendre un cours de maréchal ferrand.

Jour 276 - Yanama - S 13.32213º W 72.84549º

Gustavo à beau me rassurer sur cette journée, je préfère me fier à mon instinct et surtout me méfier des 2 poteaux qui me servent de jambes, censés me porter jusqu'à Yanama après être passé par le Paso Victoria à 4150m.
Départ à 6h au milieu des nuages, les fringues et le sac de couchage chargés de l'humidité de la nuit. Effectivement cette journée sera plus aisée mais les 200 derniers métres avant le col sont sacrément pénibles. La végétaion y est incroyablemet dense et la multitude de sources qui croisent le chemin le transforment en bourbier infâme, sans parler des blocs de pierre glissants à souhait ! J'admire les mûles qui parviennent à franchir cet obstacle et n'ose pas imaginer le calvaire des premiers espagnols qui se sont aventurés sur ces chemins Incas.
12h. Paso Victoria. 1/2h de repos sous le soleil brûlant avant de quitter définitivement les grondements du rio Apurimac (Apu= fort / grand, Rimac = parler) et de descendre dans la vallée de Yanama. Depuis 2 jours, un magnifique husky aux yeux blancs, répondant au nom de Lobo, me suit indéfectiblement. Comme si j'avais trop de bouffe, je me sens obligé de partager avec lui... solidarité animale !
Au bout de 15 minutes de descente le petit village est en vue et je prends mon temps. Le chemin large de près d'un mètre serpente au bord de la falaise percée de plusieures mines d'argent abandonnées depuis longtemps.
Cette vallée verdoyante a quelque chose de tibétain, certainement ces sommets enneigés dont je m'arrive pas à décrocher le regard. Alors que le village approche, je me sens bien, pas fatigué, serein, zen au milieu des chevaux en liberté. Les nuages s'effacent, laissent apparaitre le bout de la vallée et le programme du lendemain : une petite escapade vers les 4600m du col Apacheta.
D'ici là, encore un camp à monter et une bonne soirée autour du feu avec Paulino et Gustavo. Nous parlerons agriculture, incas, tourisme etc... une super journée.

Jour 275 - Maizal - S 13.35131º W 72.88503º

Ay Caramba ! Mes pattes doivent peser 1 tonne. Ça faisait longtemps que je ne m'étais pas infligé une dérouillée pareille !
Au programme de la journée, une pécadille : refaire l'équivalent des 2 jours précédents en 10 heures, soit 250m de grimpette puis 1200m tout schusch vers le rio Blanco et regrimpette jusqu'à Maizal 1200m plus haut ! Je commencee à rêver de mules !
7h30, alors que j'atteins le haut des ruines, Gustavo me fait signe depuis la place principale, je ne peux pas manquer les magnifiques lamas de Choquequirao !
Découvertes il y a 2 ans à peine, les terrasses agrricoles du versant nord sont décorées de 22 représentations de lamas en blocs de quartz, unique ! La moins bonne nouvelle c'est qu'il a fallu descendre de 300m pour les voir ces trucs et les grimper ensuite biensûr ... 300m de bonus!

Retour vers le haut des ruines. En remontant une source, je m'enfonce sur un chemin sommaire qui me laisse à peine progresser et massacre au passage une myriade de variétés d'orchidées et de bromélias. Au bout d'une demie-heure de bataille, finalement je rejoint le chemin principal, sillon de gadoue labouré par les mûles de Paulino que je retrouve bien plus bas, se reposant dans une prairie.
Pendant que nous discutons de l'histoire du chemin et des ruines, mon matériel en profite pour sécher. Pas question de laisser passer la moindre opportunité.
Sans attendre le reste de la troupe, je repars vers le fleuve. Quel soulagement de mettre les pieds dans cette eau glacée. Finalement j'y passe en entier... la prochaine douche risque d'attendre quelques jours !
12h ! J'y resterais bien un ptit moment dans cette rivière, mais maintenant que la voie vers Maizal est à l'ombre, il ne faut pas tarder à y aller.
Mon régime ultra-light se transforme en exercice de gestion de l'hypoglycémie et il me faut faire une pause au bout d'une heure. En guise de suplément alimentaire, je me délecte de la quantité de physalis qui bordent le chemin... régal pas forcément nourissant mais réconfortant.
17h, la nuit n'est pas loin de tomber et alors que j'atteins une première cabane je croise un papet qui me fait savoir, dans un mélange de quechua et d'espagnol approximatif, qu'il n'y a pas d'eau sur cette première plateforme et qu¡'il me faut continuer 30 minutes de plus... dur !
17h35. Je retrouve Paulino et avant de m'assoir, monte la tente tant qu'il fait jour sous le regard intéressé d'un des 3 gamins de la maison.
Mes compagnons de reoute arriverons une heure plus tard, exténués et effrayés d'avoir à remettre ça le lendemain. Bonne surpise au dîner, j'améliore l'ordinaire en achetant quelques succulentes patates de montagne... damned ça fait du bien.

Jour 274 - Choquequirao - S 13.37763º W 72.88340º

Quelle nuit ! Damned !
A minuit la pluie commence à tomber et le toit de maison en contruction qui me sert d'abri n'est carrément pas étanche. Je me déplace une première fois pour éviter les gouttes, puis 1 heure plus tard, pour éviter l'énorme flaque dans laquelle mon sac de couchage trempe allègrement ! !
Qu'importe, il est 6h et il faut se mettre en route au plus tôt avant que le soleil ne soit bien haut.
Programme de la journée : 1500m de grimpette vers les ruines ! Motivé qu'y disait !
A la différence des hollandais, je fait également la mûle (qui a dit " On savait déjà ?").
Pour cette balade, j'emporte 6 jours de bouffe et 100g de riz en backup.

Le sac pèse 15kg, tente, réchaud, sac de couchage mouillé et... bouquins inclus.
Le menu est plutôt light :
- 8 Oréo et 1 thé au ptit déj'
- 1 twix à 10h
- 1 mini sandwich au pâté à midi (pendant 3 jours seulement)
- 1 milkyway dans l'après midi
- 1 soupe chinoise instantanée + 1 thé pour souper
en tout et pour tout quelques 1000 cal./jour, pour une dépense qui doit friser les 3500 cal. (minimum!)... Weightwatchers c'est gargantuesque comparé à ça ... non ?

11h, Maranpata et presque la fin du calvaire ! Ces quelques heures m'ont rappelées la montée vers Emei Shan en Chine en 2004, en particulier les gouttes de sueur tombant chaque seconde, avec la régularité d'un métronome.
Enfin Choquequirao se découvre, ses différents quartiers étagés à flanc de montagne sur près de 500m.

Je dispose d'à peine 1 heure de soleil pour faire sécher mes affaires avant qu'il ne se mette à pleuvoir. J'en profite pour faire une sieste réparatrice puis grimper les derniers 200m vers le groupe de ruines principales avant le coucher du soleil... splendide

Excellent site concernant choquequirao : ici

Jour 273 - Cachora - S 13.51437º W 72.81375º

En voiture ! Pendant 3 heures la route serpente et gagne lentement de l'altitude jusqu'à Sawite ou le bus me dépose au bord de la route, au beau milieu des nuages.
Il me faut une heure de marche jusqu'à Cachora, dernier village digne de ce nom et point de départ du trek qui devrait durer 6 à 7 jours.
Au seul carrefour du village, je m'installe sur le trottoir et discute avec les commerçantes en avalant une bonne assiette de riz. de plus en plus ded touristes passent par Cachora, mais rares sont les fadas qui s'aventurent 6 jours sans mules et sans guide.
Rosa me fait sourire en me recommendant de prendre beaucoup de bouffe : "entre las casas, hay mucho silencio !"... beaucoup de silence entre les maisons, une façon poétique de me dire que je rencontrerais peu de monde.
Le temps d'acheter du pain et j'accompagne Marco, un arriero qui va chercher ses mules à 5 heures de marche d'ici en direction du río Apurimac.
Le chemin monte lentement entre eucalyptus et agaves, avant de plonger vers le fleuve, 1500m plus bas.
Le soleil tape fort et cette descente interminable est un véritable épreuve pour les genoux et les orteils.
17h. Pas mécontent d'arriver à Playa Rosalina. Pendant que je m'occupe d'une magnifique ampoule (fait bien 100w celle là !), je fais connaissance de Paulino et Gustavo, respectivement arriero et guide. Pendant 6 jours ils accompagneront un groupe de 4 jeunes hollandais sur le chemin de Machupicchu...

25 avril 2006

Jour 272 - Cuzco - S 13.51430º W 71.97434º

Derniers préparatifs avant de partir vers Choquequirao et dernières visites à Cuzco, notament l'église San Blas et son incroyable pupitre taillé dans un seul arbre et constitué de plus de 1000 pièces finement sculptées. Le crâne de l'artiste orne fièrement sa pièce maîtresse !

Jour 271 - Sacsayhuaman - S 13.50838º W 71.98176º

Second tour "cusqueño". Une demie journée pour visiter les principaux sites de la ville : Qorikancha (le temple du soleil, rasé, sur lequel est érigée la basilique Sto Domingo. Ce temple était recouvert intégralement de plaques d'or qui servirent à payer la rançon d'Atahualpa, prisionnier de Pizarro en 1533), la cathédrale (également construite à partir des pierres des temples Incas), Puca Pucara, et Sacsayhuaman, (prononcer "sexy woman")l'impressionnante "forteresse" de blocs cyclopéens qui domine la ville. Cyclopéens, mon oeil !
Le terme cyclopéen signifie simplement qu'il aurait fallu être fort comme un cyclope pour déplacer ces mégalithes parfaitement taillés. 140 tonnes pour le plus gros !
Le site dégage une puissance incroyable et l'emboitement exceptionnel des pierres me laisse perplexe. Combien de temps, d'hommes pour construire cette ville. Combien de temps pour la détruire ?

En parallèle à ces visites, je m'immerge dans la lecture de "the conquest of the Incas" de John Hemmings. Très certainement LE livre de référence sur cette courte et intense période de l'histoire.
Je pensais mettre les voiles demain en direction de Choquequirao, ce sera finalement après demain, logistique oblige.

24 avril 2006

Jour 270 - Pisac - S 13.41468º W 71.84397º

Cité touristique s'il en est, à Cuzco les tours guidés sont incontourables, pas chers du tout et parfaitement organisés.

Aujourd'hui j'irai donc faire un tours dans la vallée sacrée des Incas, avec un petit groupe hispanophone .

Cet endroit majestueux revêt un caractère sacré car c'est le véritable grenier de Cuzco, une des rares plaines de la région, abondamment irriguée ou les Incas cultivaient plusieures centaines de variétés de pommes de terre, maïs et céréales sur des terrasses superbement dessinées et récoltainent le sel dans les salines de Maras.
Un régal pour qui s'intéresse à l'agriculture.

Disposés aux endroits stratégiques de la vallée, les sites de Pisac et Ollantaytambo, parfaitement intégrés à la géographie du lieu.

Chaque village a son histoire, son drâme lié à la conquête espagnole de 1533.

En fin de journée nous nous arrêtons à Chinchero, village colonial perché sur les hauteurs sous son église. L'art religieux commence à me saouler, mais Chinchero sort de l'ordinaire, Ici pas de fioritures, d'autel baroque surchargé d'or.
Chinchero c'est l'église des indigénes, simple et élégante, décorée par des artistes incas qui ont discrètement mélés leurs croyances à la l'icônographie chrétienne... splendide. Alors que Inti (le soleil) se couche, le cône du Wakaywilka (5682) se découvre... la montagne m'appelle !

Je ne résiste pas à poster les paroles de cette chanson que m'a transmis Pierrot de Bogotá Maïté de Madrid (ben ouais !! 5 mois après mon retour, elle m'annonce ça... et j'avais pas du tout, mais vraiment pas du tout l'air con !... trop long à expliquer)

Andaba perdia de camino pa la casa
cavilando en lo que soy y en lo que siento
pokito a poko entendiendo
que no vale la pena andar por andar
que´s mejor caminá pa ir creciendo

volvere a encontrame con vosotros
volvere a sonreir en la mañana
volvere con lagrima en los ojo
mirar al cielo y dar las gracias

pokito a poko entendiendo
que no vale la pena andar por andar
que es mejo caminar pa ir creciendo

volvere a sentarme con los mio
volvere a compartir mi alegria
volvere pa contarte que he soñado
colores nuevos y dias claros

22 avril 2006

Jour 269 - Cuzco - S 13.51430º W 71.97434º

Quelle nuit infernale, je débarque à Cuzco au levé du jour.

Après 2 heures de repos dans ma minuscule chambre de la "casa de la gringa", dans un des plus anciens quartier de la ville, c'est parti pour la visite de cette magnifique cité ou chaque pierre raconte une histoire.

Le mélange de style colonial sur base de murs Incas est surprenant mais absolument splendide.

La maison de l'Inca Gracilaso de la Vega, fils d'une princesse Inca et d'un conquistador espagnol, auteur des "commentaires royaux", puis les églises de la place d'armes... j'en prends plein les yeux.

Cuzco regorge également de restos sympas, pour tous les goûts et tous les budgets, j'en profite avant la prochaine virée dans la pampa.

La super surprise du jour, c'es le MAP (musée d'art précolombien). Ici ne sont exposée que 450 pièces, mais quelles pièces. Exceptionnelles, magnifiquement conservées, sobrement mises en valeur et accompagnées de commentaires pertinents concernant leur esthétique.
Certainement le plus beau musée visité jusqu'à présent avec la Fondation Botero de Bogotá, un endroit magique.

Avant de repartir vers ma "cellule", j'ai le malheur de m'arrêter dans une librairie... me voila avec 3kg de bouquins ! Travel light qu'il disait !

21 avril 2006

Jour 268 - Arequipa - S 16.40699° W 71.54372°

4h du mat' et c'est pas aujourd'hui que je gagnerai le concours du meilleur cuba-libre !
10h... tient il fait jour ! finalement je passe la journée tranquillement au "Point". Ça fait très longtemps que je ne m'était pas senti bien à ne rien faire.
Encore quelques semaines de voyage, mais il semble que j'ai recommencé à prendre une mauvaise habitude : Anticiper, gamberger.
Quoi qu'il en soit, j'ai effectivement envie de retrouver une activité intellectuelle et créative, qui à refaire de la couenne derrière un bureau (ça doit être le rhum qui me fait délirer !)
Ouaip... plus que quelques semaines avant la "réinsertion" !
10 mois d'indépendance, de liberté d'action et de pensée m'auront j'espère ouvert l'esprit, mais certainement rendu plus intransigeant.
Si j'effectue seul mes périples, c'est que je tolère de moins en moins que l'on me dicte le chemin ou moins encore l'allure, quitte à me mettre dans des situation compliqués.
Qu'en sera-t-il dans quelques temps, lorsqu'il faudra nouveau en référer à un supérieur, qui déjà avant le voyage me qualifiait secrètement de "franc-tireur" ?
Saurais-je réapprendre à cirer les pompes et courber l'échine pour arriver subtilement à mes fins !
Et pour commencer, aurais-je, face aux défis professionnels, la même impertinence, détermination et confiance qu'au pied d'un 6000.
Aujourd'hui il m'est facile de me lancer dans un défi physique. Finalement, hormis les complications liées aux éléments, je suis pleinement responsable de mes choix, posant les limites à l'effort et à la douleur, et profitant pleinement du plaisir une fois le but atteint, sans avoir de comptes à rendre sur mes motivations ou les moyens employés, sûr de mes capacités et conscient de mes faiblesses.
De retour en Europe, l'enfer ce sera les autres, leurs opinions et jugements, et à moins de vivre en anachorète, il me faudra reprendre une place... ça risque même d'être intéressant.
En attendant, je pars cette nuit pour Cuzco et le Macchu Pichu...

20 avril 2006

Jour 267 - Chachani - S 16.19513º W 71.53222º

Le courant passe bien avec Javier et il "m'autorise" à partir devant en m'indiquant la route et les pièges.
Le vent a soufflé jusqu'à minuit et Ben à vraisemblablement réparti avec équitée les puces qu'il hébergait gracieusement dans ses dreadlocks... thanks mate !
1h. Réveil... si l'on peut dire. Ça faisait bien 3 heures qu'on ne dormait plus.
2h. 20 minutes que je poireaute en attendant que John finisse de s'habiller et que Ben ne retrouve ses guants... Misère !
Finalement, c'est parti. Nous montons ensemble jusqu'au premier col 200m plus haut avant de nous séparer.
La progression est simple, sur une trace compacte et bien marquée, enfin je me régale.
4h. me voila dans la portion la plus raide, mélange cendres volcaniques et de glace. Plus haut, le premier sommet à 5900m : "la fatima". Arrivé à ce point, le Chachani est à portée de crampons.
5h. Sommet à 6080m... c'est bien de faire vite, mais qu'est ce que ça pèle ! 1 heure avant le levé du soleil, la température chute de quelques degrés et mes orteils à peine rétablis du Parinacota ne donnent pas signe de vie. Gulps ! Faut bouger !
Je redescend de 300m pour retrouver mes compagnons et finalement décide de remonter au sommet avec eux... faut bien se tenir chaud non ?
Le soleil se lève etg une fois de plus la vue est grandiose. Ampato et Coropuna se dévoilent lentement, leur emmeigement important ne laisse rien présager de bon.
Surprise du jour : le volcan Ubinas qui s'est réveillé il y a 3 semaines nous salue d'un magnifique panache de fumée de plusieurs kilométres de haut... génial.
Le retour se fera sans encombre, groupé, et nous serons de retour à Aréquipa vers 13h... nickel pour la sieste (même pas vrai !)

Jour 266 - Base Camp Chachani - S 16.181868º W 71.524830º

On passe me prendre à l'hotel "the Point", puis ce sera au tour de mes 2 compagnons d'altitude : Ben et John, respectivement de Bristol et Birgmingham.
Javier sera notre guide pour ces 2 jours. Pas la peine de compter sur lui en cas de pépin, un guide de montagne à Aréquipa, c'est un gars sympa qui connais le chemin et sait faire cuire les pâtes, on fera avec !
La bonne surprise du jour, c'est le 4x4 de luxe qui nous dépose à plus de 5000m d'altitude. Pas exactement le genre d'approche sportive auquel je suis habitué, mais cette fois ci je ne m'en plaindrais pas.
12h, après avoir monté la tente, Javier nous annonce le programme des réjouissances : Levé à 1h et départ à 2h pour une virée de 6 heures en moyenne... classique !
Sauf que j'ai pas l'intention de me les geler pendant 6 heures en attendant les 2 anglais.
18h, les pâtes étaient bonnes... extinction des feux, mais pas facile de dormir.

18 avril 2006

Jour 265 - Arequipa - S 16.40699° W 71.54372°

Pas de surprise, toutes les agences le confirment, les conditions d'escalade en montagne sont parfaites, la neige est dure et il fait bon à l'ombre des cocotiers.

Ils n'en ont rien à cirer de la sécurité des clients, tout ce qui les intéresse c'est de te prendre 500US$ pour 3 jours et si possible que tu craque avant d'arriver au sommet, ça évitera au guide de trop transpirer.

Finalement j'opte pour une solution sage : l'ascencion du Chachani, un des 2 volcans à proximité immédiate d'Aréquipa.

Ça me permettra de me remettre en jambe, de me réacclimater à 6000m et cuisiner le guide pour avoir des infos fiables.

En attendant, il me reste encore quelques magnifiques édifices à visiter en prenant tout mon temps.

Jour 264 - Puno - S 15.83589° W 70.02495°


Je quitte La Paz vers 9h en direction de Desaguadero, village frontière entre Pérou et Bolivie sur la côte sud du lac Titicaca.
Après avoir longtemps hésité, je passe mon chemin. Pas de visite des îles flottantes des Uros bien que la lumière unique du lac
20h, Arequipa. C'est la seconde fois que je débarque dans la "ville blanche".
Cette fois-ci j'espère tenter l'ascencion du Coropuna et/ou de l'Ampato, mais avant de s'enthousiasmer, je vais m'assurer des conditions météo etc...

16 avril 2006

Jour 263 - La Paz - S 16.49701° W 68.13913°

Journée pluvieuse et désespérément tranquille pour ce dimanche de Pâques à La Paz.
Dès le ptit déj', je m'installe au café Banais en bas de la rue Sagarnaga.
Le café est excellent et le gateau au chocolat divin.
Pour ne pas m'ennuyer, j'ai trouvé une synthèse du National Geographic qui reprend les plus grands récits d'explorations de l'Antarctique (Scott, Amundsen, Shackelton, Ross...), 800 pages passionnantes, de quoi tenir la journée !
En fin de journée, Shahar et Doron me posent un lapin... ils se sont écroulés après avoir fumé un joint ! Ça y est, j'en ai marre de la ville, marre de La Paz, marre du kibboutz... demain je décolle pour Arequipa et j'espère encore deux 6000m (Ampato et Coropuna), mais pas aussi simples que le Parinacota.

Jour 262 - La Paz - S 16.49701° W 68.13913°

Dans la grisaille, La Paz a du mal se réveiller en cette veille de Pâques. Comme moi, vous vous demandez peut-être "qu'est ce qu'il fout aussi longtemps dans cette ville ?" C'est que le temps n'est pas de la partie les z'amis !
Je me délectais déjà à l'idée d'un trek de quelques jours dans la cordillière Apolobamba (nord du Titicaca), mais les quelques touristes qui en revenaient m'ont tous parlé de la pluie, du froid de la gadoue qu'ils ont enduré au quotidien... et comme vous avez remarqué, je ne suis pas maso !

Donc je glandouille... je vais p'tet chercher du boulot en attendant !
Donc, La Paz... fondée le 20 novembre 1548, dans le petit village de Laja non loin de Tiwanaku. Gonzalo Pizarro était en rébellion contre le premier vice-roi du Pérou, Blasco Núñez Vela, depuis quelques temps lorsque suite à la bataille de Xaquixaguana, un émissaire du roi Charles Quint les fit se rencontrer à Laja pour y signer... La Paz. Le climat de l'altiplano de Laja ne convenant pas à l'établissement d'une ville, Alonso de Mendoza installe Nuestra Señora de La Paz dans la vallée aurifère de Chuquiago un peu plus bas, à 3800m... voila pour maître Capello.

15 avril 2006

Jour 261 - Tiwanaku - S 16.562027º W 68.679617°

Shahar et Doron m'ont convaincus de les accompagner à Tiwanaku, le site majeur d'une civilisation qualifiée de "pré-inca", qui occupa la Bolivie, le nord-Chili et le Sud du Pérou pendant près de 3000 ans.
Aux alentours de l'an 1000, inexplicablement, cette civilisation décline puis disparait laissant la place aux Incas.

Javier notre guide, est excellent, revendiquant avec passion son identité Aymara et ses origines Tiwanaku. Il ne manque pas de faire remarquer que les Incas ont étendus leur hégémonie pendant moins de 200ans , avant d'être piétinés par les conquistadores espagnols.

On sait peu de choses sur Tiwanaku, mais ayant été déclaré patrimoine culturel de l'Unesco il y a 2 ans, on en apprendra certainement plus sur ce peuple qui a posé les bases de l'art, de la religion et des structures sociales et politiques des Incas.

16h, de retour à La Paz, la soirée se termine par un repoas sympa en compagnie de 2 baroudeuses françaises qui s'attaquent demain aux 6100m du Huayna Potosí... bonne chance les filles, je soufflerais fort pour pousser les nuages !