02 septembre 2005

La révolution Sandiste et Oussama Ben Laden

Une fois n'est pas coutume, un peu culture.
Les Nicaraguéens m'interpellent. Plus encore que dans les autres pays d'amérique centrale, je perçois chez eux une nostalgie diffuse, doublée de résignation face au futur et cependant un sens de l'auto-dérision qui touche à la sagesse... pourquoi ? résumé historique donc .

1524 Le conquistador Francisco Hernandez de Cordoba fonde la première ville de l'Amérique Centrale et du Nicaragua : Granada. L'ouest du pays tombe sous domination espagnole . Leon, plus au nord, existe aussi à ce moment. Il faudra attendre 1570 pour qu'une colonie espagnole s'y installe de façon définitive. Très rapidement, une rivalité apparaît entre les deux villes, Leon, devenant le château fort des libéraux par son ouverture d'esprit et ses idées nouvelles. Granada, ville commerciale, regroupera plutôt la bourgeoisie commerciale conservatrice. 2005... status quo !

1821 Le Nicaragua accède à l'indépendance face à l'Espagne.

1823 La doctrine Monroe. Par l'adhésion à cette doctrine, les Américains s'opposent à toute présence européenne sur le continent. Les Américains se donnent le droit d'intervenir pour défendre leur intérêts. Tiens tiens déja là... vous remplacez Nicaragua par Irak et Canal par pétrole et ça va vous rappeler quelquechose...

1838
Le Nicaragua devient une république indépendante, les Américains et Britanniques s'opposent ; ils veulent tous deux contrôler la région. Encore les même...

1855 William Walker débarque au Nicaragua. Il prend le pays par la force, se proclame président du pays dans le but d'annexer le pays aux États-Unis. Il rétablit l'esclavage et désire obtenir une voie navigable vers le Pacifique. Les deux tendances politiques du pays, les conservateurs et les libéraux, s'unissent pour chasser Walker. Vous connaitriez pas un gars qui s'appelle Georges WALKER Bush ?? En 1855 c'était plutôt le Taliban Mola Walker !

1860 Traité de Managua, les Britanniques renoncent à leurs prétentions sur la côte des Miskitos(côte Atlantique). William Walker est fusillé au Honduras. Raus ! le Taliban

1893 Coup d'état. Le général Jose Santos Zelaya( libéral ) prend le pouvoir par les armes. Il poursuit la modernisation du pays et fait construire le chemin de fer. Il met en place une constitution au ton démocratique ( suffrage universel, liberté religieuse ). Des réformes sont aussi apportées au niveau de l'éducation.

1905 Zelaya révoque la nouvelle constitution et adopte la ligne dure, il refuse l'offre américaine d'un prêt de 15 millions de dollars faite pour obtenir le droit exclusif de construire un canal transocéanique. Et voila le mobile du crime THE CANAL !

1909 Les États-Unis arment les gens de la côte Atlantique, Zelaya est renversé. Le conservateur Adolfo Diaz prend le pouvoir. Les États-Unis affirment leur droit d'intervenir dans les affaires internes du Nicaragua et placent au pouvoir un gouvernement qui leur est favorable. Sidérant ce parallèle non ?

1909-1926 Cette période est marquée par l'ingérence des États-Unis qui deviennent les maîtres du pays. Ils administrent le pays en suivant trois règles : l'indemnisation des gens affectés par le régime libéral, la réorganisation politique du pays et un programme économique visant à endetter le pays par rapport aux États-Unis. Aujourd'hui on aurait un truc du style "Food versus Oil".

1912 Les Marines américains, pour calmer le début d'une rébellion paysanne, débarquent au Nicaragua. Ils y resteront 23 ans... la premiére guerre du Golfe...1991 ? On en a jusqu'en 2016... on parie ?

1926 Augusto Cesar Sandino arrive au Nicaragua, il a passé un certain temps au Mexique. Il sera celui qui animera le nationalisme nicaraguayen en s'opposant de plusieurs manières à l'ingérence et la domination américaine. Oussama ?

1927
Les libéraux rendent les armes et concluent une entente avec le représentant américain Henry L. Stimson. Sandino refuse de reconnaître cette entente et forme l'armée de défense de souveraineté nationale (EDSN) pour lutter contre l'occupation américaine.

1934 Sandino est assassiné par des agents de la Garde Nationale à la demande des Américains et le président Sacasa est chassé du pouvoir. Allez Saddam... dehors ! Ah, les Ricains sont vachement moins efficaces aujourd'hui... Oussama court toujours !

1961 Les mercenaires anticastristes appuyés par la CIA partent du port de Puerto Cabezas au Nicaragua pour renverser le gouvernement socialiste de Cuba. Ils sont écrasés par les forces révolutionnaires cubaines. Pendant ce temps au pays, on assiste à la formation du FSLN (Front Sandiniste de Libération Nationale) qui vise principalement à renverser la dictature en place. Carlos Fonseca, Tomas Borge et Silvio Mayorga en sont les fondateurs. Le parti attire à ce moment des étudiants issus des classes moyennes fascinés par l'aventure cubaine. Hasta la victoria siempre !

1972 Tremblement de terre : la capitale du pays, Managua, est détruite. Somoza détourne l'aide internationale à son profit. Il confisque les banques de sang de la Croix-Rouge et les écoule à l'étranger. Plusieurs manifestations éclatent pour s'opposer aux malversations du dictateur. Somoza répond par la force ce qui envenime la situation.

1977 Suite aux attaques du FSLN dans les villes d'Ocotal et de San Carlos, un décret de Somoza rend suspect tout homme âgé de douze à soixante ans. La Garde Nationale à une liberté d'action absolue.

1978
Le leader du mouvement modéré d'oppostion, Pedro Joaquin Chamorro, directeur de la Prensa, est assassiné par les services secrets somozistes. Les modérés s'allient aux guerilleros du FSLN. Le FSLN passe au devant de la lutte en prenant possession du palais national durant 48 heures. Les luttes se succèdent durant toute l'année, la garde somoziste continuant de sévir. Des villes sont détruites, la population civile est massacrée : 10 000 morts.

1979 En mars, les trois factions du FSLN signent un accord de réunification. Fin mai, c'est l'offensive finale. Le 19 juillet , après 18 ans de lutte, le FSLN triomphe, renversant la dictature. En plus d'assumer de lourdes pertes d'effectifs humains (près de 50 000 morts), les Sandinistes doivent s'accommoder de bien peu de ressources matérielles: le clan Somoza s'est enfui du pays avec les coffres de l'État.

1980 Les Sandinistes font une vaste campagne d'alphabétisation. En 6 mois, le taux d'analphabétisme passe de 13% à 50%.Le FSLN instaure une réforme agraire et redistribue 30% des terres agricoles aux paysans.

1981
Prétextant que le FSLN est un gouvernement socialiste, les Américains soutiennent un groupe composé de mercenaires, d'ex-membres de la Garde nationale et de paysans contre-révolutionnaires: la Contra.

1984 À l'approche des premières élections libres au Nicaragua, les forces armées américaines minent le port de Corinto, survolent le Nicaragua à basse altitude et envahissent ses eaux territoriales. Le Nicaragua décrète l'état d'urgence.
Le 4 novembre, le FSLN remporte l'élection avec 67% des voix. Cependant, les Américains ne reconnaissent pas la validité de ces élections pourtant démocratiques. Ils nous cassent vraiment les couilles ceux-là !

1985
En mai, Ronald Reagan impose un embargo commercial au Nicaragua et continue d'appuyer massivement la Contra. La Contra gagne du terrain et la guerre au Nicaragua s'intensifie. USA - Irangate : La vente illégale d'armes à l'Iran permet de financer la Contra. Il aurait mieux fait de continuer les westerns le Dinosaure !

1988 L'état d'urgence est levé. En mars, les accords de Sopoa sont signés. L'argent consacré à la défense constituait 60% du budget total du gouvernement nicaraguayen. En Irak...? How much Georges

1989
Les Sandinistes proclament un cessez-le-feu unilatéral. On annonce des élections pour février 1990. Les États-Unis, en plus d'intensifier le soutien à la Contra dans la région, font sentir à la population nicaraguayenne le danger de voter à nouveau pour le FSLN. En août, on publie un plan de démobilisation des contras.

1990 L'UNO (Union Nationale d'Opposition), coalition de 14 partis politiques de toutes tendances, remporte les élections. Accord de cessez-le-feu avec la Contra.

1991-1992
En imposant les politiques néolibérales, le Fond Monétaire International et la Banque Mondiale forcent le Nicaragua à rembourser sa dette. Les conditions de vie se détériorent et l'écart entre les riches et les pauvres se creuse de jour en jour. T'es au fond du trou ? Ben... creuse ! Il faudra bien que l'Irak rembourse sa dette aussi... en nature bien sur !

1993 L'élection de Bill Clinton ne semble pas avoir modifié les rapports entre Washington et Managua. Le Nicaragua attend toujours une aide plus consistante. Et pendant ce tant à la Maison-Blanche... Monica fume le cigare !

Depuis 1993, peu de mouvement... c'est même pas de mouvement du tout ! Le Nicaraguéen continue sa route, à coup de combines et de petits boulots (1200 cordobas par mois...740$ par an avec 3,5 gamins par famille en moyenne!). les vampires politiques... il connait. Les promesses... il connait, c'est toujours le même ressort qui est solicité : la ferveur patriotique, et comme d'une génération à l'autre la mémoire est trés volatile...ça marche !

Tiens... sur le blason du Nicaragua, au centre... il y a un bonnet phrygien (on aurait des vampires en France ?).

Lien complémentaire http://www.sergioramirez.org.ni/Adios-frances.html

4 commentaires:

Anonyme a dit…

merci maitre Capelo!!!
bisous Moustic

Anonyme a dit…

Devant nous un homme qui attiré par les USA ne savait pas comment se faire refourler à la frontière....

Olivier

dens a dit…

ah c'est beau l'immersion dans un pays ! Encore quelques mois et tu vas devenir anti-yankee, puis gauchiste, puis coco, puis sympathisant révolutionnaire, puis activiste au "FSLN"...
hasta louego camarade !

Fabrice a dit…

Hasta la victoria siempre !